Vers la Libération Animale ?

« Etre vivants doués de sensibilité »

C’est ainsi que l’Assemblée Nationale définit les animaux dans le Code Civil depuis le 28 janvier 2015. Cette loi, qui marque enfin la différence entre le bien matériel (« le meuble ») & l’animal, a été pour beaucoup considérée comme le commencement d’une nouvelle ère dans l’Histoire de la Défense Animale. Quarante ans plus tôt, Peter Singer, un philosophe australien reconnu, publiait le non moins célèbre Animal Liberation (La Libération Animale). Cet essai philosophique, tiré à plus d’un million d’exemplaires & traduit dans plus d’une vingtaine de langues, a boulversé le monde de la Défense Animale. La Libération Animale est un des premiers ouvrages entièrement consacré au statut moral des animaux. Il pointe du doigt la façon dont on traite les espèces « non humaines » (notamment par l’utilisation de l’animal dans l’expérimentation scientifique & cosmétique, ainsi que l’élevage industriel) & met en exergue la notion de spécisme :

« un préjugé ou une attitude de parti pris en faveur des intérêts membre de sa propre espèce et à l’encontre des intérêts des membres des autres espèces ».

La parution de ce livre permet donc, de sensibiliser l’opinion public & l’éthique animale devient une réelle question de société. Et même s’il est admis que Peter Singer n’est pas le « père des droits des animaux » (les philosophes de la Grèce antique comme Pythagore, Plutarque ou encore Théophraste se penchaient déjà sur la légitimité de tuer un animal pour se nourrir, & certaines thèses de Singer se trouvaient déjà au stade embryonnaire chez quelques philosophes du XVIII & XIX siècle), il reste néanmoins celui qui a permis de structurer les débats autour de l’éthique animale dans les années 1970. Ainsi, Le 15 octobre 1978, la Déclaration Universelle des Droits de l’Animal est proclamée solennellement à Paris par la Fondation Animale, Ethique & Sciences (anciennement Ligue Française du droit de l’animal). Bien que de nombreuses associations choisissent de suivre cette charte, elle n’a aucune valeur juridique. Une dizaine d’années plus tard, les entreprises de cosmétiques commencent a financer des recherches sur des alternatives à l’expérimentation animale, grâce à la pression mise par les mouvements animalistes. Dans les années 2000, on note que les normes sur les conditions des animaux dans les élevages deviennent petit à petit réglementées dans toute l’Europe, & ceux qui n’ont pas encore appliqué ces nouvelles normes (notamment la France) se voient attaqués par la Comission Européenne. Alors aujourd’hui, il nous serait logique de penser que la loi sur le changement du statut de l’animal est comme le Saint-Graal. Un but enfin atteint par les adeptes des théories de La Libération Animale. Cependant, force est de constater que cinq mois plus tard, rien n’a véritablement changé concernant l’application des peines pour acte de cruauté envers les animaux & l’évolution du statut de l’animal tant attendue par les mouvements animalistes ne semble qu’être un leurre. A titre d’exemple ; les maltraitances & les abandons sont toujours punis de manière aléatoire, les animaleries (pourtant génératrice de trafic) ne sont pas abolies, les traditions comme la Corrida ou les Combats de coq sont exemptées de toute peine à condition qu’elles aient lieu dans les régions où elles sont nées &  l’élevage industriel se dirige, quant à lui, de plus en plus à l’encontre du bien-être de l’animal (ferme des 1000 vaches, usine à cochons du Poiroux, etc….) …

Photo NilsFieseler : http://pixabay.com/en/users/NilsFieseler-20934/

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