Chronique d’une carnivore repentie #1

La première fois que j’ai vu les conditions d’abattage des animaux de ferme, je devais avoir 10 ans & nous étions à table devant le Journal Télévisé pour le dîner. Je me souviens avoir ressenti – ou plutôt imaginé – la douleur physique & psychologique de cette pauvre vache agonisante avant que cette dernière ne soit tuée après d’atroces souffrances. Ma réaction fut sans appel ce soir là : Je n’ai pas pu mangé mon Steak. Bien entendu, je savais que la viande qui se trouvait dans mon assiette était à l’origine un être-vivant, mais je n’avais jamais vu de mes propres yeux la barbarie avec laquelle était traités les animaux destinés à l’abattoir (& je n’étais pas au bout de mes peines…). Je crois bien qu’après cet événement, j’ai cessé d’ingurgiter de la viande pendant plusieurs jours, jusqu’à ce que mes parents jugèrent que « mon caprice » avait assez duré. Une première tentative ratée…

Peut-être avaient-ils raison après tout… Pourquoi cesser ainsi de s’alimenter avec de la chair animale puisque nous, espèce humaines, sommes conçus pour consommer les espèces non-humaines depuis la nuit des temps? Qui plus est, cela est certainement dangereux pour la santé. Croyant à ce discours & surtout ne voulant pas rendre mon entourage inquiet, j’ai cédé. Alors pendant des années, j’ai contribué indirectement à la maltraitance & au massacre de centaines de milliers d’animaux. Je me suis nourrie de viande plus que raisonnablement & j’ai porté fièrement des vêtements en cuir & autres matières aussi nobles que morbides. Une parfaite humaine intégrée dans sa société spéciste. Et puis, chassez le naturel, il revient au galop… Il m’a fallu 25 ans pour comprendre que je devais agir pour moi & mes convictions, peu importe si cela inquiétait (à injuste titre) ou dérangeait une minorité, voire une majorité de personnes. 25 années pour assimiler la pensée de l’anti-spécisme & ses enjeux & devenir cohérente avec les idées que je défends.

On a souvent tendance à penser que le végétarisme est le cap final à passer pour tous les défenseurs de la Cause Animale. Pour moi il signifie davantage un début, une sorte de renaissance de soi dans un autre monde plus éthique. Et puis il faut dire aussi que l’on découvre de nouvelles saveurs chaque jour ! Cependant, sachez qu’en aucun cas je ne suis une prosélytiste du régime végétarien, végétalien ou végan. Chacun a son libre-arbitre & on ne peut devenir végétarien sans avoir cette profonde conviction qu’il faille le devenir. Dans mon entourage je suis la seule à l’être. Je ne connais aucun autre végétarien. Je m’efforce juste de transmettre mon savoir afin que ceux que l’on appelle les « omnivores » soient conscients de ce qui se trouve dans leur assiette & comment est arrivé ce morceau de Bifteck ou de filet américain. Cependant, si je devais donner quelques conseils à la personne qui souhaite aller dans la voie du végétarisme, je lui dirais de prendre son temps & de comprendre vers quoi elle se dirige & pourquoi elle s’y conduit car il n’y a pas de résultat significatifs lorsqu’on agit aveuglément. En fin de compte, Je lui suggègerais d’appliquer cette citation de Peter Singer :

« Pour mettre fin à une tyrannie, nous devons d’abord la comprendre ».

Photo : https://www.flickr.com/photos/suzettesuzette/

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7 réflexions sur “Chronique d’une carnivore repentie #1

  1. Je suis moi-même une carnivore repentie depuis un bon mois (de réflexion en réflexion à partir de mon investissement dans la cause des cétacés captifs – j’ai vu que tu suivais mon blog ;), bosser quelques mois dans une usine de conditionnement de viande, puis grosse prise de conscience après avoir vu Terriens) – et pour l’instant je reçois plus de soutien de mon entourage omnivores que de Vegas qui jugent souvent que je n’en fait pas assez. La réflexion est longue et je pense toute personnelle. Un article comme le tien fait du bien à lire ! 😉

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  2. Merci, ça me touche que tu apprécies cet article. Et puis ça fait plaisir de voir une végé qui semble d’accord avec mes idées :).
    Et oui je suis assidument ton blog & j’en apprends davantage, donc merci. Comme toi, c’est avec Blackfish que j’ai eu le déclic (bien que je n’ai jamais aimé les delphinariums). J’aimerais en faire plus, mais pour l’instant je ne peux faire rien d’autre que de diffuser au maximum les informations.

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    • Je viens de voir ta réponse… :p
      Diffuser l’information est le point crucial, même si comme toi j’aimerais parfois pouvoir faire tellement plus, car la vérité est de notre côté. J’ai quelqu’un dans mes contacts facebook qui m’a dit n’avoir jamais été spécialement tenté par les parcs aquatiques, mais avoir pris conscience de l’horreur de la chose grâce à mes articles… et elle a depuis rejoint la page facebook d’Anti-Marineland qui font un top boulot d’informations (et qui m’aident bien pour mes articles). Si une personne ouvre les yeux, c’est déjà un grand pas, car elle pourra en convertir d’autres.

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  3. e ne suis pas une carnivore repentie mais ton post m’a fait penser à la 1er fois que j’ai dans une ferme la traite des vaches. et là la petite citadine de 4 ans que j’étais, fut scandalisée. on lui faisait boire du pipi de vache ! ni une ni deux, j’ai parait il décortiqué tout ce que mes parents m’ont présenté à boire et à manger. je ne bois toujours pas de lait 😀 mais je manges des yaourts et des glaces

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    • Haha du pipi de vache, je la connaissais pas celle-là. C’est rigolo la manière dont on voit les choses enfant.

      Mais il est vrai que lorsqu’on est citadin on n’est moins confronté aux animaux de ferme & à comment sont fabriqués ce qu’on nous présente dans les rayons des magasins.

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  4. Je me souviens que petite, j’ai été choquée en vacances à la campagne de découvrir que les vaches étaient traies par des machines. J’en ai pleuré jusqu’à ce qu’on me dise que non ça ne leur faisait pas mal… et puis j’ai oublié jusqu’à ce qu’un jour cette violence me saute à nouveau aux yeux.
    Merci pour ton partage d’expérience 🙂

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    • J’ai remarqué que certains enfants prenaient facilement conscience de la souffrance des animaux. Mon neveu de 7 ans par exemple n’a pas hésité à dire que les animaux du zoo d’un parc d’attraction belge étaient visiblement malheureux. D’ailleurs les gens ont été très surpris autour de lui.

      Bien souvent on essaie de nous rassurer enfant, pour que la pilule passe mieux & puis aussi je comprends les parents. Qui voudraient dire à son gamin que le monde est rempli d’injustice & de violence ?

      Merci à toi aussi d’avoir partagé ton expérience, c’est toujours un plaisir de lire ce genre de commentaires 🙂

      Bises,
      Marion

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