Quand les traditions cruelles prennent fin.

Il y a deux semaines, nous avions parlé de traditions peu connues mais non moins sanglantes & abjectes à l’encontre des espèces non-humaines. Ici, je rappelais l’importance de la divulgation d’informations, première étape pour mettre un terme à ces pratiques barbares. Cet article a beaucoup ému certains d’entre vous & vous a parfois miné le moral. Cette semaine, j’ai donc eu envie de vous redonner un peu d’espoir & de vous montrer qu’il est possible de mettre fin à une tradition cruelle grâce aux actions militantes & à l’engouement collectif.

KOTS KAAL PATO

Vous connaissez sans doute le principe des piñatas, ces récipents en papier mâché dans lesquels il faut taper à l’aveugle afin d’en faire sortir des friandises. Un jeu bon enfant qui a donné aux habitants de Citilcum au Mexique une idée bien malsaine : remplacer les bonbons colorés par des animaux vivants. Chaque année, les villageois se rassemblaient donc, bâtons en bois à la main, pour frapper tour à tour dans ces piñatas où étaient généralement enfermés des opossums & des iguanes. Beaucoup mourraient suite aux nombreux coups qu’ils recevaient & ceux qui parvenaient à s’enfuir étaient vite rattrapés par la foule, puis écrasés. Lorsqu’ils en finisaient avec la piñatas, certains pas suffisamment rassasiés, amenaient ensuite des canards & les pendaient. Un nouveau jeu commençait alors ; décapiter l’oiseau à mains nues.

Cette tradition aux origines inconnues a horrifié l’opinion publique lorsqu’elle fut sortie de l’ombre par le magazine Vice en Mai 2015, si bien qu’une pétition en ligne fut créée dans la foulée par une activiste mexicaine. Une pétition qui a rassemblé 755 668 signatures & interpellé les associations comme la Humane Society International, qui s’est chargée de militer auprès des autorités locales. Résultat : la municipalité d’Izamal (dont dépend la ville de Citilcum) a interdit en Mars 2016 toute festivité impliquant la cruauté envers les animaux. Preuve que la mobilisation via internet peut amener à de belles victoires.

FÊTE DE GADHIMAI

Surnommée tristement « le plus grand sacrifice d’animaux au monde » la Fête de Gadhimai est une tradition hindoue célébrée tous les 5 ans au temple de la déesse Gadhimai à Bariyarpur (Népal). Durant deux jours, 5 millions de pratiquants se réunissaient pour tuer près de 500 000 animaux (bovins, ovins & caprins) dans le but satisfaire la déesse de la puissance censée, à la suite de ces nombreux sacrifices, apporter prospérité aux hindouïstes.

Encore une fois, la souffrance inutile de ces animaux a ému le monde entier & de nombreuses associations sont montées au créneau pour tenter de mettre fin à ces horreurs. En France, c’est la Fondation Brigitte Bardot qui mène le combat dès 2009 & qui lance une campagne contre la Fête de Ghadimai. Brigitte Bardot écrit personnellement au gouvernement népalais pour lui demander d’arrêter ces tueries & ses efforts, ainsi que ceux de Maneka Gandhi vont payer. En 2015, le représentant de Motild Prasad prend la parole & annonce la fin du massacre sanglant & la mise en place d’une nouvelle Fête de Gadhimai (qui aura lieu en 2019), plus éthique & sans souffrance animale :

« Avec votre aide, nous pouvons faire en sorte que la prochaine célébration se déroule sans effusion de sang. Le temps est venu de transformer cette vielle tradition. Le temps est venu de remplacer le meurtre et la violence par une pratique cultuelle pacifique célébrant la vie. J’ai réalisé que les animaux sont sensiblement faits comme nous, ils ont les mêmes organes et ressentent la douleur que nous leur infligeons ».

 

LANCER DE CHÈVRE DU HAUT D’UN CLOCHER

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Une autre tradition impliquant la mise à mort de caprins, mais cette fois-ci en Espagne. À Manganeses de la Polvorosa, dans la province de Zamora (ouest du pays), les villageois s’adonnaient à un jeu barbare : le lancer de chèvre du haut d’un clocher. Le but ? mettre en scène une vieille légende du village où autrefois, une chèvre qui nourrissaient les pauvres, seraient tombée du haut du clocher sans avoir aucune égratinure. Pour cette reconstitution, les habitants de Manganeses de la Polvorosa, montaient avec une chèvre vivante jusqu’en en haut des 15 mètres de la tour de l’église & jétaient la chèvre pendant qu’en bas d’autres tentaient de la rattraper avec une bâche. Des actions manquées, puisque parfois la chèvre tombait à côté & mourrait dans la foulée.

Les associations commencent à sérieusement se positionner contre cette tradition à partir des années 1990, mais il faudra attendre la décennie suivante pour que le lancer de chèvre soit abrogé par la municipalité & que la chèvre vivante soit remplacée par un artefact représentant l’animal, faisant tout aussi bien l’affaire, la souffrance en moins.

RATS-PITS

Retour sur une tradition qui prit fin au début du XXème siècle. Le Rat-pits (que l’on peut traduire grossièrement par « fosse à rats« ) consistait à enfermer un certain nombre de rats dans une petite arêne intérieure afin qu’ils se fassent chasser & tuer par un chien (généralement un type « Terrier »). Cette activité était assez populaire auprès de la classe ouvrière & était considérée comme un sport par ses adhérents qui s’amusaient à parier de l’argent sur le nombre de rats que le chien pouvait tuer ou sur le temps qu’il prendrait avant de tous les mettre à mort.

En 1824, la Society for the Prevention of Cruelty to Animal est fondée & l’association anglaise prend vite dans son collimateur les adorateurs de rats-pits & autres combats d’animaux organisés. une dizaine d’années plus tard, en 1835, l’organisation parvient à rendre illégal ce genre d’activité, mais il faudra attendre 1812 avant que la dernière fosse à rat ne disparaisse.

Ces quatres exemples nous prouvent qu’avec de la détermination & de l’engouement collectif il est possible d’abroger des traditions & autres activités cruelles (je vous parlerai d’ailleurs bientôt d’un beau projet sur lequel je suis depuis un mois). Aujourd’hui, nous avons l’avantage d’en connaître beaucoup plus sur les espèces animales grâce à l’éthologie & la zoologie qui n’ont cessé de progresser ces dernières années & qui nous permettent de nous donner d’importants arguments scientifiques démontrant que l’animal est bien un individu, une personne non-humaine qui mérite d’avoir une vie décente, bien loin de la souffrance que certains hommes peuvent lui infliger.


Sources & supplément d’infos :

« Les animaux vivants ne sont pas des piñatas sur Change.org : ICI

« Le cruel festival Kots Kaal Pato du Yucatan au Mexique est abrogée » sur le site de Human Society International : ICI (anglais)

Wikipédia de la Fête de Gadhimai : ICI

« Le Népal interdit l’un des plua grands sacrifices d’animaux du monde » sur Le Figaro : ICI

« Les festivales sauvages en Espagne » sur Easy voyage : ICI

« Rats-pits alias piège à rats » sur Jreed & The Mongrol Hoard : ICI (anglais)

« Les Rats-pits de l’ère Victoria » sur Terrierman’s daily dose : ICI (anglais)

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11 réflexions sur “Quand les traditions cruelles prennent fin.

    • Pareil. Lorsque j’avais su que le Kots Kaal Pato existait à l’époque (j’avais lu l’article de Vice à sa sortie) j’étais juste sans-voix face à une telle violence, inutile de surcroît. Malgré tout, de voir que toutes ces traditions ont été abolies, cela me donne de l’espoir pour l’interdiction futur des autres encore pratiquées.
      Allez on y croit !

      Bises,
      Marion

      J'aime

  1. Pareil… Encore des traditions immondes que je ne connaissais pas (l’humain est tristement créatif quand il s’agit d’être cruel), mais pour une fois, tu accompagnes ça de bonnes nouvelles 😀
    Espérons que les horreurs du précédent article finissent par subir le même sort ! \o/

    Aimé par 1 personne

    • Franchement, j’y crois. L’Espagne interdit de plus en plus la cruauté animale par exemple (on a encore eu la preuve avec Madrid récemment). Il faut juste ne pas lâcher. Pour la corrida en France, un truc assez cool se prépare mais j’en parlerai une fois que ce sera lancé 🙂

      Bises,
      Marion

      J'aime

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